Le premier point à aborder est celui de la légitimité d'une politique familiale. L'expression "politique nataliste" pour parler de la politique démographique est explicite: les naissances d’aujourd’hui sont les adultes de demain, avec tout ce que cela implique sur le plan économique. L'augmentation de la natalité, c’est l'augmentation du nombre d’actifs donc le financement des retraites des actifs d’aujourd’hui. Et d’autant plus que l’on peut croire qu’un taux de natalité élevé peut être facteur, dans nos pays industrialisés, d’augmentation de la consommation, donc de l’activité économique.

De plus, à l’échelle mondiale, le rayonnement et le dynamisme de la France, de l’Europe, seront en partie liés à leur population.

Enfin, on ne peut prétendre être un pays tourné vers l’avenir, si l’on ne se préoccupe pas de sa jeunesse.

Ce travail ne vise pas à critiquer le choix de vie de chacun ; c’est le constat d’une évolution qui soulève diverses interrogations pour la famille et son organisation.

Samedi 28 octobre 2006

Avant de débuter ce travail, il semble important de rappeler que le terme de “famille” n’a plus la même signification qu’il y a seulement quelques décennies. Auparavant, lorsque l’on parlait de la famille, on avait à l’esprit les parents, la fratrie (souvent nombreuse), mais aussi les grands-parents et tous vivaient sous le même toit. Cette vie commune entre générations était à la base de la société. Avec le développement des moyens de locomotion, avec la nécessité de quitter le monde rural pour la ville, on a vu la cellule familiale éclater et les générations perdre leur interdépendance. C’est la fin du XIXème et le début du XXème qui voit l’industrialisation à grande échelle et l’apparition de la “famille ouvrière”, où seul le mari travaille et la femme s’occupe du foyer ; dans les années 60 enfin, s'impose le modèle  “familial à deux actifs” avec le développement du travail féminin.

C’est alors que l’image sociale de la femme change : dans notre société, la femme épanouie est la femme ayant un travail et gagnant de l’argent. La femme qui choisit de rester à la maison pour élever ses enfants, est déconsidérée et certains ont même l’impression qu’elle ne travaille pas. Certaines femmes vont même, alors que les revenus du couple le permettraient, jusqu’à ne pas oser franchir le pas d’arrêter leur travail car le rôle de femme au foyer apparaît encore actuellement jugé négativement.

Avec toutes les modifications que subit la cellule familiale, le lien intergénérationnel se perd ; les grands-parents ne sont plus là le soir au retour de l’école pour encadrer les enfants, et ils ne sont plus là non plus le soir au retour du travail des parents pour les décharger des tâches ménagères, et ils ne sont tout simplement plus là pour apporter leur vision “d’anciens”. En quelque sorte, le plaisir de vivre librement, sans le poids parfois pesant des générations, est compensé par des problèmes issus de certaines carences familiales.

Après l’évolution de cette cellule familiale “ancienne” maintenant dépassée, c’est le cocon familial qui va lui aussi subir des mutations avec le divorce qui le fait éclater. La famille monoparentale et les familles recomposées parfois de façon multiple, ou de manière "homoparentale" (deux personnes du même sexe) ne sont plus de l’ordre de l’exceptionnel.

Si la séparation, le divorce ne sont plus sujets tabous, nous devons prendre garde à ce qu’ils ne deviennent en exagérant un peu, symboles de liberté et phénomènes de mode. Quelles que soient l’évolution des moeurs et de la société, nous devons tout faire pour que l’équilibre des enfants soit protégé.

Par Philippe Rodet - Publié dans : Projet "Elan"
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