Le premier point à aborder est celui de la légitimité d'une politique familiale. L'expression "politique nataliste" pour parler de la politique démographique est explicite: les naissances d’aujourd’hui sont les adultes de demain, avec tout ce que cela implique sur le plan économique. L'augmentation de la natalité, c’est l'augmentation du nombre d’actifs donc le financement des retraites des actifs d’aujourd’hui. Et d’autant plus que l’on peut croire qu’un taux de natalité élevé peut être facteur, dans nos pays industrialisés, d’augmentation de la consommation, donc de l’activité économique.

De plus, à l’échelle mondiale, le rayonnement et le dynamisme de la France, de l’Europe, seront en partie liés à leur population.

Enfin, on ne peut prétendre être un pays tourné vers l’avenir, si l’on ne se préoccupe pas de sa jeunesse.

Ce travail ne vise pas à critiquer le choix de vie de chacun ; c’est le constat d’une évolution qui soulève diverses interrogations pour la famille et son organisation.

Projet "Elan"

Mardi 10 octobre 2006

Garder des enfants est un vrai travail puisqu’il existe des professionnels qui font cela tous les jours (personnel de crèche, assistante maternelle...). Dès lors, il semble normal de considérer le choix de rester au foyer pour éduquer ses enfants comme un travail et rémunéré en tant que tel. Il serait intéressant de réfléchir à la possibilité d’une rémunération des mères qui désirent rester à la maison pour élever leurs enfants et faire en sorte que ces années soient prises en compte d’une certaine manière pour leur retraite.

 

Il existait auparavant l’Allocation Parentale d’Éducation que touche le parent qui arrête de travailler jusqu’aux 3 ans révolus de l’enfant. À partir du premier janvier 2004, cette APE a été remplacée par le “Complément Libre Choix” de la PAJE qui s’adresse aux familles ayant 2 enfants au moins ; il est versé jusqu’au troisième anniversaire de l’enfant sans condition de ressources. La nouveauté est que ce complément est accordé dès le premier enfant pour 6 mois à la suite du congé maternité.

 

Cependant, une telle aide pose inévitablement des questions de mise en pratique: comment faire en sorte qu’il n’y ait pas de dérives et d’abus de la part de certains parents négligents qui verront là surtout une prime supplémentaire pour rester chez eux et ne s’investiront pas d’avantage dans l’éducation de leurs enfants ? Quels moyens de contrôle peuvent être utilisés ?

 

Ici se pose le problème de la bonne utilisation des allocations familiales en général. Certains proposent pour éviter dérives et abus, la mise en place d’un système analogue aux assistantes maternelles. On pourrait imaginer un agrément pour ces parents, qui, en faisant le choix de rester à la maison pour élever leurs enfants, s’engageraient à faire partie d’un réseau avec des professionnels de l’enfance. Des rencontres régulières avec des assistantes sociales, avec d’autres parents dans le même cas établiraient un lien régulier et éviteraient l’isolement propice à toute dérive. La validation de ces présences obligatoires donnerait droit au « salaire parental ». En cas d'incivilités de l'enfant ou de problèmes répétés à l'école, les parents devraient en répondre. Il faudra néanmoins prendre garde à ne pas imposer à ces parents une « bonne » façon d'éduquer les enfants.

 

Par ailleurs, l’expérience acquise pendant le temps au foyer est extrêmement précieuse et peut déboucher sur tous les métiers de l’enfance et du social. Une fois que l’enfant est scolarisé, on pourrait demander à ces parents de participer à la vie de l’école, des crèches municipales, parentales, à la surveillance dans les cantines…

 

Cette idée ne présenterait d'ailleurs pas un réel surcoût si l’on pense à l’équilibre familial apporté à bon nombre d’enfants et donc aux risques amoindris d’échec scolaire, de délinquance, etc…Et on peut même aller jusqu’à penser qu’il puisse y avoir un effet positif sur le taux de chômage (un actif en plus correspond à un supplément consommation et de croissance économique).

 

Par Philippe Rodet
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Mercredi 18 octobre 2006

Un travail à temps partiel pourrait être un bon compromis pour les mères de famille ayant le désir ou l’obligation financière de maintenir leur activité professionnelle, sans avoir à déléguer l’éducation de leurs enfants. Les emplois de ce type devraient pouvoir être développés.

 

Actuellement, un tiers des femmes travaillent à temps partiel. Depuis une dizaine d’années, certaines entreprises du tertiaire donnent accès à des postes à “temps partiel annualisé” ou “temps scolaire”. Cela a permis des embauches compensatoires, mais trop souvent de jeunes sans enfants car acceptant de travailler les mercredis, pendants les congés scolaires…

 

Un écueil que certaines femmes trouveront à cet emploi à temps partiel est le risque de difficulté de la progression au sein de l’entreprise. En effet, un moindre investissement en temps fait souvent que l’implication et les responsabilités pourront être différentes d’un temps plein à niveau de compétences égales.

 

En Suède, il existe une disposition qui permet à la mère ou au père d’un enfant de moins de 8 ans de réduire sa journée de travail de 2 heures (son salaire étant au prorata).

 

Par Philippe Rodet
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Jeudi 26 octobre 2006

1 La garde des plus petits :

La majorité des mères de famille ayant une activité professionnelle, le problème de la garde des enfants se pose de plus en plus. À ce jour, différents modes de garde sont envisageables : la garde d’enfants à domicile, l’assistante maternelle agrée, les crèches, sans oublier le mode de garde familiale avec recours aux grands parents…Mais il y a inadéquation entre l’offre et la demande : les crèches sont saturées, on manque d’assistantes maternelles ; bien des mères doivent réserver la place de leur enfant avant même que le bébé ne soit né. Par ailleurs, cela peut devenir le vrai parcours du combattant car les horaires des crèches ne correspondent pas forcément aux heures de travail: en particulier, les parents qui travaillent en horaires décalés (tard le soir ou très tôt le matin) sont exclus de ce système.

De ce point de vue, il serait intéressant de réfléchir à l’organisation d’une plus grande amplitude des horaires et de prévoir une solution adaptée pendant les vacances des assistantes maternelles et pendant leur temps de formation (plusieurs jours dans l’année).

Développer les crèches et les garderies municipales devient une urgence. Afin d’assouplir ce type de garde, on peut également envisager, en complémentarité, la participation de bénévoles comme de jeunes retraités (de jeunes grands-mères par exemple) qui bien souvent ne demandent qu’à rendre service. De nombreux retraités sont prêts à donner de leur temps libre pour se sentir utiles et retrouveraient le goût à la vie si on faisait plus souvent appel à eux. Il serait sans doute aussi pertinent de calquer la construction des crèches sur le nombre d’habitants comme cela se fait pour les écoles primaires.

Dans les villes, les entrepreneurs immobiliers pourraient prévoir un local garderie dans les grandes résidences, dans les grands complexes. Ce local pourrait être une vraie garderie avec des professionnels de l’enfance ou être à disposition de parents qui feraient le choix d’une crèche parentale.

Des projets de crèches en maison de retraite sont également peu développés. Ce pourrait être un moyen pour retisser le lien entre générations, et matériellement, cela pourrait permettre de disposer des structures de la maison de retraite comme les cuisines, les salles à manger, les salles pour les ateliers. Cette idée, trop peu développée, fait ses preuves sur le terrain.

La maison de retraite de l’Abbaye de Saint-Maur (Val de Marne) accueille dans ses murs une halte garderie et une crèche avec des enfants de 18 mois à 3 ans. Des ateliers peuvent être faits en commun sans distinction d’âge, les enfants participant à la chorale, ou à l’entretien d’un petit potager. À l’heure du déjeuner, les personnes âgées qui le souhaitent peuvent se joindre au repas des enfants. Les liens collectifs sont privilégiés, tout en faisant en sorte que des relations trop individuelles qui pourraient engendrer des séparations douloureuses ne s’instaurent.

Il existe aussi une piste très peu développée en France et qui pourtant apporterait un plus indéniable pour tout le monde : il s'agit des garderies en entreprises.

Les parents y gagneraient en tranquillité d’esprit, sachant leur enfant proche, n’ayant pas à courir pour ne pas être en retard avant la fermeture... Cela faciliterait également l’allaitement maternel (possibilité de réduire le congé prolongé parfois pour l’allaitement).

Différentes modalités peuvent se concevoir : que l’entreprise fournisse un local, gère l’entretien, que le personnel de la petite enfance soit payé par les parents ….On peut aussi envisager qu’en fonction des disponibilités, des places soient offertes aux enfants de non employés dans l’entreprise.

On peut également envisager la participation bénévole des parents au fonctionnement de cette crèche (lors d’un congé parental, pendant un congé maternité à la discrétion des personnes…).

Des exemples, en particuliers Canadiens, mais aussi Suisses ou Allemands, nous prouvent que cela fonctionne.

L’entreprise peut tirer divers avantages de l’existence d’une garderie en son sein :

• Elle peut faciliter le recrutement de son personnel et peut aider à les garder, les fidéliser;

• Elle diminue le stress des parents (et les problèmes qui en découlent) ; elle diminue l’absentéisme et les retards ;

• Elle peut aussi rehausser le bien-être et donc la productivité des employés ;

• Elle améliore leur image de marque auprès de leurs partenaires commerciaux et de leurs clients, ainsi qu'auprès de la collectivité, surtout si la garderie n’est pas exclusivement réservée aux employés.

On peut penser bien évidemment qu’une telle mise en place est plus facilement réalisable pour les structures qui ont un grand nombre d’employés, mais l’exemple canadien montre qu’un nombre peu élevé d’employés, tout comme une dispersion des employés dans une région, des horaires variables, ne sont pas des obstacles insurmontables.

2 La garde des plus grands :

Le problème de la garde des enfants reste une réalité même lorsque les enfants grandissent mais se présente alors sous un autre angle. En effet, de nombreux enfants, le soir après les cours, se retrouvent chez eux seuls dans une maison vide car les parents ne sont pas encore rentrés du travail. Dans ces cas, la tentation est grande de négliger son travail scolaire pour la télévision, les jeux multimédia ou aller jouer dans la rue.

Jusqu’à la fin du primaire, le problème se pose moins, car les enfants acceptent alors encore d’attendre leurs parents à la garderie ; mais ensuite, beaucoup d’entre eux argumenteront qu’ils sont assez grands pour rester seuls et attendre à la maison que rentrent leurs parents.

Nous pensons qu'il est possible d'organiser, après l'école des « activités relais ». Il s'agirait, au sein des établissements scolaires, d'ateliers alliant perfectionnement aux matières enseignées et culture artistique ou sportive.

On pourrait y trouver plusieurs avantages :

• Améliorer la formation et le bien être de l’enfant en évitant qu’il ne soit livré à lui-même, et par cela, rassurer les parents;

• Renforcer l’initiation de l’enfant à l’art et lui permettre de se valoriser autrement que par son travail scolaire ;

• Ce pourrait, enfin, être des lieux où l’imaginaire créatif pourrait faire place au “tout fait, tout prêt, tout de suite” si fréquent dans notre société;

• Ce pourrait être un lieu de rapprochement des générations, d’échanges et peut-être de meilleure compréhension des uns et des autres: dans la mesure où l'on ne peut demander aux enseignants de développer ces ateliers en plus de leurs heures de travail, on peut envisager la participation de moniteurs, d’éducateurs, ou de retraités (artisans, artistes, enseignants en retraite) qui pourraient ainsi encadrer et transmettre leur savoir-faire, leur expérience.

Il faudra, bien entendu faire attention de ne pas tomber dans l’excès et veiller à ce que l’enfant ne passe pas une trop longue journée à l’école, sous prétexte que tout y est organisé, car l’enfant pourrait se lasser de ce milieu. En outre, il ne faudra pas oublier qu'il est sain et nécessaire pour un enfant d’avoir des activités avec ses parents le plus souvent possible.

Par Philippe Rodet
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Samedi 28 octobre 2006

Avant de débuter ce travail, il semble important de rappeler que le terme de “famille” n’a plus la même signification qu’il y a seulement quelques décennies. Auparavant, lorsque l’on parlait de la famille, on avait à l’esprit les parents, la fratrie (souvent nombreuse), mais aussi les grands-parents et tous vivaient sous le même toit. Cette vie commune entre générations était à la base de la société. Avec le développement des moyens de locomotion, avec la nécessité de quitter le monde rural pour la ville, on a vu la cellule familiale éclater et les générations perdre leur interdépendance. C’est la fin du XIXème et le début du XXème qui voit l’industrialisation à grande échelle et l’apparition de la “famille ouvrière”, où seul le mari travaille et la femme s’occupe du foyer ; dans les années 60 enfin, s'impose le modèle  “familial à deux actifs” avec le développement du travail féminin.

C’est alors que l’image sociale de la femme change : dans notre société, la femme épanouie est la femme ayant un travail et gagnant de l’argent. La femme qui choisit de rester à la maison pour élever ses enfants, est déconsidérée et certains ont même l’impression qu’elle ne travaille pas. Certaines femmes vont même, alors que les revenus du couple le permettraient, jusqu’à ne pas oser franchir le pas d’arrêter leur travail car le rôle de femme au foyer apparaît encore actuellement jugé négativement.

Avec toutes les modifications que subit la cellule familiale, le lien intergénérationnel se perd ; les grands-parents ne sont plus là le soir au retour de l’école pour encadrer les enfants, et ils ne sont plus là non plus le soir au retour du travail des parents pour les décharger des tâches ménagères, et ils ne sont tout simplement plus là pour apporter leur vision “d’anciens”. En quelque sorte, le plaisir de vivre librement, sans le poids parfois pesant des générations, est compensé par des problèmes issus de certaines carences familiales.

Après l’évolution de cette cellule familiale “ancienne” maintenant dépassée, c’est le cocon familial qui va lui aussi subir des mutations avec le divorce qui le fait éclater. La famille monoparentale et les familles recomposées parfois de façon multiple, ou de manière "homoparentale" (deux personnes du même sexe) ne sont plus de l’ordre de l’exceptionnel.

Si la séparation, le divorce ne sont plus sujets tabous, nous devons prendre garde à ce qu’ils ne deviennent en exagérant un peu, symboles de liberté et phénomènes de mode. Quelles que soient l’évolution des moeurs et de la société, nous devons tout faire pour que l’équilibre des enfants soit protégé.

Par Philippe Rodet
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